Frissons au Quai Branly

Pendant la Nuit des Musées, j’ai entrainé ma colocataire au musée du Quai Branly pour voir l’exposition « Enfers et fantômes d’Asie ». Plus d’une heure de queue mais ça en valait la peine (et puis on a été occupées par le pamphlet pendant au moins un quart d’heure)

J’ai beaucoup de reproches à faire au musée du Quai Branly mais cette exposition n’en fait pas partie, bien au contraire. J’ai abordé cette exposition avec déjà un solide bagage de connaissances sur la thématique mais la présence de mon amie aura eu l’avantage – outre le fait qu’il est toujours agréable de visiter une exposition avec quelqu’un – de remettre les choses en perspective : cette exposition est éminemment pédagogique et permet une solide entrée en matière dans cet aspect du monde oriental pour les néophytes.

On relèvera le choix judicieux du déroulement de l’exposition : les différentes strates des mondes, des enfers au monde divin, nous sont présentées à l’entrée de l’exposition, puis nous les remontons tous au court de celle-ci. Ainsi, le seul monde qui ne nous est pas exposé est celui des hommes mais il s’agit du monde du visiteur et celui-ci devient donc, d’une certaine manière, partie intégrante de l’exposition. Pouce en l’air pour la conteuse qui remontait toute l’exposition en faisant le lien entre les mondes avec beaucoup d’élégance.

Rouleau représentant les supplices des enfers

Autel à tablette d’ancêtre

Shô Kanon (Kanon porteur de lotus)

J’ai aussi beaucoup apprécié le côté englobant de l’exposition, donnant l’impression d’être au sein des mondes décrits, impression amplifiée par le déroulement déjà décrit de l’exhibition. On pensera bien entendu à la porte des enfers à travers laquelle le spectateur doit passer pour tracer son chemin, ou encore au film divisé en plusieurs séquences, chacune projetée dans une salle et retraçant le supplice d’un criminel arrivé aux enfers. On pensera également à la terrifiante expérience de cette salle avec une projection sur les quatre murs d’une séquence presque statique de The Ring.

Nous en arrivons par-là à un autre point que j’aimerai saluer : le musée n’a pas hésité à aborder la question de la pop culture comme de l’art classique, parfois mêlés (mention honorable au kappa qui reste à ce jour une de mes créatures préférées)

En nous présentant des images sous des médiums extrêmement variés, exposant de l’art ancien comme des créations faisant appel aux nouvelles technologies, c’est un véritable spectacle des rituels et des croyances d’Extrême Orient que nous présente ici le musée du Quai Branly

Utagawa Kunisada – L’acteur Onoe Kikugorô III dans le rôle du chat d’Okazaki

Yurei (hologramme)

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