Originem ex mundo est

J’ai découvert l’Origine du monde (1995) de Christian Bertin lors de ma visite de l’historique Habitation Clément en Martinique.

Elle était présentée dans le cadre d’une exposition dans « case à Léo » et ne m’a jamais vraiment quitté depuis. Je ne connaissais pas l’artiste et j’ai décidé de faire ici une interprétation sans recherche, au simple ressenti si important face à l’art qui nous est contemporain.

J’ai rarement vu une oeuvre en dire autant en étant si sobre. Un cadre de métal, des petits seaux se détachant sur un fond noir et c’est tout. Par définition une sculpture, puisqu’en trois dimensions, l’œuvre se présente comme un tableau, dans un format bien rectangulaire et accrochée au mur. Mais quel sens lui donner ? De par son titre, nous nous rappelons sans trop de peine l’œuvre de Courbet exposée à Orsay. Ici, l’artiste nous présente un triangle se découpant dans le noir, j’aurais la subtilité de ne pas aller plus loin sur la question. Mais la lecture que je fais de ce triangle va bien au-delà. Pour commencer, ces seaux permettent, par définition, de transporter de l’eau, source de vie et composante essentielle de notre monde. C’est de l’eau que la vie est partie, et c’est par l’eau que nous la gardons, peu importe le règne du vivant auquel nous appartenons. Mais une autre lecture encore pourrait être faite, et c’est là les restes d’enseignement de biologie que j’ai eu au lycée qui m’aide dans mon interprétation : cette série de petits seaux ressemblent fortement à un arbre phylogénétique, utilisé en sciences pour retracer l’évolution des espèces qui, pour certaines, sont un jour sorties de l’eau. Cet arbre pourrait plus simplement être généalogique et, par définition, notre monde au sens le plus personnel n’existe que grâce à nos ascendants qui, par leur union, ont donné naissance à nos parents, nos grand parents, … tout comme certains d’entre nous donneront naissance aux futures générations. Pour conclure, nous pouvons faire une somme de toutes ces analyses en rappelant simplement qu’il n’est pas rare d’accoucher dans l’eau.

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