Marie Havel : création ou destruction ?

« Destruction créatrice ». Je lis qu’il s’agirait d’une théorie sur les fluctuations économiques de Joseph Schumpeter. Mais, quand je pense à ces deux petits mots si puissants, je pense à Marie Havel.

J’ai découvert Marie lorsque j’ai effectué mon stage à la H Gallery. Il paraît qu’Hélianthe à l’œil pour voir le talent et je pense qu’avec Marie, elle a visé plus que juste.

La première série que j’ai découverte d’elle était « Jumanji ». Elle y dessine des objets de notre enfance entremêlés ou cachés dans des éléments de nature, ruine précaire figée en pleine chute, pur jeu sur la nature même du médium artistique faisant, pour citer Henri François Debailleux, vaciller le réel.

Récemment, j’ai assisté au vernissage de l’exposition que lui dédie la galerie. Et encore une fois, cette création dans la destruction m’a sauté au visage. La série « Le Ravin du Loup » représente les terribles bunkers utilisés par les allemands pendant la guerre pour communiquer. Les bâtiments y sont cachés par une nature apposée par flocage, comme une prise de pouvoir du monde sur les atrocités du passé, nous rappelant que, pour le pire comme pour le meilleur, nous ne sommes que de passage sur cette Terre. Notons que l’une des œuvres de la série était exposée sur le mur d’honneur lors de DDessin (elle avait été lauréate de la précédente édition).

Cette idée de la ruine, de la destruction, de la nature et de la création humaine, elle semble être au cœur de l’œuvre de cette artiste qui a encore, je pense, une grande carrière devant elle.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *